Quand ton esprit virevolte en quelques nuits

Il est tard, il est tôt, il n’y plus de notions de temps… A cet instant précis, la seule envie brulante qui m’anime est d’écrire. Comme un échappatoire ou la petite issue qui m’apaise le temps d’un instant.
Ne cherchez pas une quelconque photo d’illustration, il n’y en aura pas. Je souhaite uniquement vous parler…

C’est fou comme le corps, la pensée… peuvent avoir une emprise non mesurable sur la raison. En l’espace de quelques jours, quelques heures, quelques minutes, je suis passée d’un état d’esprit orienté vers la positivité à une incompréhension et une colère que je n’ai jamais ressentie jusqu’à présent.
Cette soirée est douloureuse, tant par ce que mon corps m’inflige que par cette perte soudaine de lumière qui me tient pourtant au quotidien.
Et pourtant, il y a quelques heures à peine je témoignais sur cette maladie, sur ce nouveau rythme de vie que j’avais décidé d’accepter. Et lorsque je témoignais face à cette personne inconnue qui cherche tant à Nous apporter, Nous écouter, Nous comprendre, et Nous mettre en avant, Nous toutes solidaires dans ces épreuves, je le faisais avec force et sourire.
Et maintenant, je me souviens de ses paroles encore fraîches et intactes dans ma tête m’indiquant : “Tu es d’une force! Ne laissant paraitre ni tristesse, ni colère, ni incompréhension ou amertumes.” Et j’en étais fière… Fière de me dire que lorsque l’on me regarde, on ne le devine pas. Que lorsque l’on me parle, on ne la décèle pas. Parce que j’ai choisi de vivre ma nouvelle vie comme cela : sans gémir, en prenant peu à peu conscience des choses mais en ne laissant absolument pas cette merde prendre le dessus.
Et je lui ai dit : “Tu sais Chloé, je me refuse de me lamenter sur mon sort. Chacun a sa destinée et certaines personnes en ont une beaucoup moins charitable. Je n’ai de colère envers personne, ni les professionnels de la médecine, ni mon corps… Et je ne me suis jamais demandée : “pourquoi moi”? J’attends uniquement qu’on nous aide et que l’on nous comprenne.”
Que s’est-il passé en l’espace de quelques heures? Pourquoi suis-je emprise d’une colère aussi intense à cet instant où je vous écris? Je ne la maitrise absolument pas et cela me désole. Ces derniers jours ont été compliqués certes. Je le sentais au fond de moi, que tout allait s’accentuer, je la voyais revenir et pointer le bout de son museau petit à petit, cette satanée Endo. A la fois furtive, imposante et déroutante! Mais je n’avais pas peur! Je lui disais : “Ne t’inquiète pas, je t’attends et je saurais t’accueillir”!
Mon cul ouais! Ici et maintenant, je ne fais plus la fière, elle m’a mis un uppercut me menant à un KO! Je crois que je n’ai jamais passé une période aussi difficile, douloureuse voire insoutenable. Et pourtant, je suis passée sur le billard il y a peu de temps, mais rien n’y fait! A presque 10 mois de ma grosse opération, je n’ai dû avoir que quelques petites semaines de répit.
Médecins, où est passée cette promesse d’une nouvelle vie de confort, d’un nouveau souffle? Elle n’est pas encore venue me saluer!
Je peux comprendre que vous tous ne pouvez vous douter du mal que cela provoque. Je le comprends véritablement, et encore une fois, je ne blâme personne. Les médias en parlent oui, cela est moins tabou, oui, mais maintenant… Qu’est ce qu’on fait? Comment nous aider à mener les actions les plus banales du quotidien sans avoir à se tordre de douleur et cela en silence? Comment faire pour passer une nuit à peu près normale sans être éveillée par des tiraillements de parts et d’autres? Comment faire pour ne pas cumuler les X médicaments que l’on nous prescrit mais qui finissent par devenir des poisons, des dépendances? Comment éviter les opérations à répétitions parce que finalement on est pas encore assez avancés sur le sujet? Comment faire pour accepter ce qui nous arrive lorsque l’on en peut plus?
On en parle… OUI! On en parle mal aussi… OUI! On le reconnait…OUI! Mais en a t-on réellement conscience? Je le conçois, il y a tellement d’autres pathologies sur Terre que tout en devient une priorité. Mais S’il vous plait, aidez-nous!
Si je vous écris cela, c’est parce que je partage aussi chaque jour, avec d’autres femmes comme moi et qui pour certaines ne trouvent plus de repères ni d’équilibre et ne savent plus quoi faire. Si vous en croisez un jour, soyez compréhensifs parce que malheureusement, le constat est encore là : on ne le comprend pas!   Moi j’ai décidé d’écrire et de partager avec vous certains moments forts pour que votre compréhension (peut-être) puisse être plus accrue. C’est mon échappatoire, l’issue qui me fait du bien!
Je vous souhaite une belle journée! La mienne sera meilleure demain, qui sait? 😉

Leila

Leila

Bloggeuse mariage (toulousaine) à mes heures perdues, je m'adonne à ma passion en partageant avec vous différents univers, différentes idées, pour que nous puissions rêver encore et toujours...

La publication a un commentaire

  1. Marine

    Je te souhaite énormément de courage pour toi, pour le message que tu portes et essaie de transmettre, pour tenir, pour continuer à ce que cette foutue maladie ne prenne pas le dessus et ne gouverne pas ta vie. Courage. Ta colère n’efface en rien ta force !

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