Mon journal de (non)grossesse – Quand l’on renonce à être mère

En cette soirée mes Enjoués, je ne publie pas un article lié au mariage mais je vous livre la continuité de mon combat contre l’endométriose. L’année dernière, je vous dévoilais ma maladie qui serait la raison de mon absence sur les réseaux. Suite à cela, j’ai décidé de parler de ce sujet intime qui touche énormément de femmes tant d’un point de vue physique que d’un point de vue psychologique.
J’ai fais ce choix de me livrer à vous et je poursuis cette bataille par le biais d’échanges en direct sur Instagram avec ma compatriote Fanny dans nos “Endo Blabla”. Aujourd’hui, j’ai une toute autre nouvelle à vous annoncer et pas des moindres…
Belle soirée mes Enjoués, ce soir nous parlons fertilité et vie de couple sans enfants dans la société.

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L’année dernière, lorsque j’apprenais ma maladie, on m’avait immédiatement alertée sur les possibles difficultés à enfanter. A ce moment-là, cela ne faisait pas partie de mes priorités. Un enfant? Je ne suis absolument pas prête alors, autant vous dire que je préfère au préalable m’occuper de ma santé avant de penser “bébé”.
Mais inconditionnellement, lorsque le corps médical vous fait une telle annonce, vous ne pouvez pas ne pas y penser : Est-ce que nous devons nous y mettre maintenant et ne plus attendre? Et si en dépit de l’assistance du corps médical nous essuyons échec après échec pour pouvoir avoir notre enfant? Et si mon mari me délaisse finalement à cause de cela?
Cette année, voici toutes les questions existentielles que je me suis posée : “Et Si…”

 

Le jour où le verdict tombe

 

Il fait beaucoup trop chaud dans ce cabinet, le silence est pesant et les affiches sur la fertilité, les bébés éprouvettes, et les leçons sur “comment être une bonne maman” ornent les 4 murs qui nous séparent du verdict. Nous sommes tous là à ne pas oser nous regarder comme si nous étions tous atteints d’une maladie honteuse. Chaque couple présent semblait jouer sa vie, le stress ne leur permettant pas de décrocher un mot.
Si le docteur n’était pas arrivé à ce moment, j’aurais pris mes clic et mes clac et me serais me barrer de là. Raté! il est temps d’y aller et d’écouter! Plus mes pas me menaient vers ce fauteuil qui m’attendait, moins j’étais sûre de ce que je voulais. FIV pas FIV, réfléchis vite Leila, le temps t’es compté.
Je souhaite être honnête avec vous et assumer les possibles foudres que je vais m’attirer. Jusqu’à aujourd’hui, jour où je vous écris, je ne sais toujours pas si je souhaite réellement avoir un enfant. Je sais, cela peut être inconcevable pour certaines/certains d’entre vous mais mon état d’esprit est véritablement celui-ci.
Lorsque nous avons passé la porte avec mon mari, nous nous attendions à écouter le long discours sur la PMA, la FIV et le tralala. Je pouvais également lire l’incertitude dans son regard. Je le connais par coeur… Va t-il le faire pour moi ou en a t-il réellement envie?  OK, je suis perdue je ne sais plus quoi faire ni penser… Pourtant, nous en avions parlé maintes et maintes fois. Et le discours restaient le même : “je n’ai pas spécialement envie maintenant mais on a pas le choix…” et je partageais son avis.
Mais finalement, notre RDV a pris un autre tournant : On nous annonce que… La PMA , la FIV et tout le tralala ne sera pas pour nous. Je ne souhaite pas étaler les détails de ce RDV mais mon état de santé ne le permet plus. Je ne me suis pas effondrée. Bordel, c’est bizarre non ? Et ho! Pourquoi tu ne pleures pas alors qu’on t’annonce que tu ne pourrais pas avoir ton propre enfant?! Bon ben si ça ne vient pas, ça ne vient pas hein!

 

 

 

On apprend à vivre avec l’idée

 

Ma première réaction a été de le regarder et de lui dire : “Je suis désolée…”, sa première réaction suite à ces mots a été : ” Je me soucie des personnes existantes dans ce monde et que j’aime. Je t’aime et je t’aimerai avec ou sans enfant”.
Bon maintenant il faut encaisser l’information à priori. On nous propose des thérapies de couples, des associations pour infertiles etc pour ne pas sombrer dans la dépression. Je tiens compte de toutes ces informations mais…bizarrement, cela ne m’atteint que très peu. Ego ou déni? Je ne sais pas encore.
Et puis, clope au bec et tasse de thé à la main, je me questionne : Voulais-tu réellement être mère ou souhaitais tu faire comme tout le monde? Parce que la société te dicte qu’il s’agit d’une norme?
Ma plus grosse difficulté est certainement d’assumer cette réalité qui va à l’encontre de la normalisation d’avoir un enfant. Est-ce que je vais faire partie de ces femmes qui évoluent dans une société où l’on dénigre le choix de la non parentalité?
Puis on repense au verdict et à ce diagnostique assez violent. Mais j’ai préféré ne pas me morfondre et avancer avec cette fatalité qui n’en ai finalement pas une. Oui, je ne pourrais pas être mère biologique mais finalement, si l’envie s’en ressent, nous aurons toujours une autre alternative qui s’offrira à nous: l’adoption.

Infertile mais heureuse

Vous vous attendiez à ce que je vous dresse la liste des étapes liées à mon désarroi n’est-ce pas? Navrée de vous décevoir… Aujourd’hui, je ne vis plus avec de faux espoirs et j’ai tiré un trait sur les promesses que la médecine nous offre. Je ne suis même pas allée brûler un cierge à l’église pour m’aider. A quoi bon? Dieu ne ferait pas de moi une “Marie”.
Alors avec mon mari, nous avons agit plutôt que de subir. J’ai toujours assumé mes faits et mes idées et je poursuivrais dans cette voie. Aujourd’hui je ne suis pas triste, je ne suis pas malheureuse. Je vis avec cette maladie qui me prive d’être mère, d’être moi à 100% tant elle m’handicape dans mon quotidien mais elle me laisse tout de même une porte ouverte sur le bonheur.
Qu’allons-nous faire sans enfant? Nous allons vivre! Nous allons nous adonner à ce que nous aimons tant et que nous partageons ensemble : nous allons voyager, aimer notre chien et aimer les enfants des autres (certains).
Renoncer à être mère peut-être un choix que je respecte ou une fatalité qui nous tombe dessus et qui peut détruire un couple. Pour l’instant, nous sommes des amants amoureux et nous aimons notre vie à deux. Si le désir nous prend de partager cet amour, nous saurons quoi faire : prendre l’avion et revenir à 3.

 

 

Infertilité et grossesse

Crédit photo : Studio 23 photographie

 

 

Vous souhaitez témoigner sur votre état de santé, votre regard face à la maternité ou pour un tout autre sujet? N’hésitez pas à m’écrire : la-mariee-enjouee@hotmail.com

 

XoXo

L.M.E

Leila

Bloggeuse mariage (toulousaine) à mes heures perdues, je m'adonne à ma passion en partageant avec vous différents univers, différentes idées, pour que nous puissions rêver encore et toujours...

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